A nos enfants malagasy


Depuis que je travaille dans le monde rural et que je me rends compte de l’écart entre l’évolution du monde urbain et de la campagne, je comprends mieux les discours simplistes de ceux qui veulent opposer les merina (qui représentent grossièrement la population urbaine) et les côtiers (qui seraient donc les oubliés de la civilisation), même si une telle opposition est de moins en moins représentative. Je comprends mieux également les postures populistes de ceux qui prétendent parler au nom du peuple ou des démunis.
Bien sur il aurait été plus intelligent de comparer la population favorisée et défavorisée, sans pour autant tenir une posture d’opposition, mais la politique nécessite un langage simplifié et tranchant pour choquer les esprits et ceux qui ne veulent pas trop réfléchir.

Tout est à faire (ou à refaire) dans notre pays : des pistes aux routes nationales, de l’éducation des enfants ruraux à l’amélioration de l’expertise de nos professionnels, de la santé publique au développement économique. La tache est vaste et nécessite les efforts de tout le monde. Bien sur, un paysan non éduqué, ne pourra pas à lui  tout seul développer sa localité, mais il peut et doit y participer activement. Un professeur dans une université ne pourra pas apporter les résultats de ses recherches dans le monde actif même s’il s’agit de recherche appliquée, mais il doit être un acteur de développement du pays et non rester dans son bureau moisi.

Il est bien sur prétentieux et péremptoire de prétendre apporter une solution miracle à nos problèmes avec un seul post. Par contre je ne prends aucun risque de me tromper quand je prétends que l’échec de nos aînés pendant ces premières années de l’indépendance à été entre autre, une trop grande tendance à suivre la culture individualiste occidentale qui était la référence de la réussite à l’époque. Quand on est faible, la réaction la plus normale est de se rassembler, se réunir et s’aider pour devenir plus fort. Ainsi s’est formé l’univers: des particules diffus, une fois ensemble, ont pu créer des planètes et des étoiles, les gasy disent ny akanga maro tsy vakin’amboho.

Par contre, le leader du futur doit être celui qui montre l’exemple par les actes et non un général qui commande sans comprendre le sens de ce qu’il dit. Notre évolution ne se fera que par la recherche de synergie dans nos efforts. Il ne s’agit pas d’une révélation divine mais d’un simple constat. Tel sera donc le levier principal de notre futur selon ma vision.

 

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Un commentaire pour A nos enfants malagasy

  1. Jacques Razandry dit :

    D’accord à 100 %.

    Dixit le père jésuite Jacques TIERSONNIER (1914-2015), 69 ans de présence missionnaire à Mscar (1936-2015) :

    MADAGASCAR A TANT BESOIN DE « LEADERS », SELON LES TERMES DU PÈRE GÉNÉRAL DES JÉSUITES, QUI NE RECOURENT PAS À LA PRATIQUE DE L’APITOIEMENT DE L’UNIVERS CAR IL SE LASSE DE NOTRE MÉDIOCRITÉ ET DE NOS MALHONNÊTETÉS.

    Les chefs -qu’on attend- devront partager LA PEINE ET LA FIERTÉ DU TRAVAIL BIEN FAIT -À TOUS LES NIVEAUX- pour assurer une vie décente à l’ensemble de la population de Mscar, méritant ainsi L’ESTIME ET LA CONFIANCE DES AUTRES PEUPLES.

    RAZOKY alias Jacques TIERSONNIER s.j. (1914-2015), Janvier 2000, Collège SAINT-MICHEL, AMPARIBE, homélie lors de la messe d’action de grâce pour le Père François MORTEROL s.j. (1931-2000).

    Jacques Razandry
    ENA France
    Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po)
    SAINT-MICHEL 1970-1977.

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