Pourquoi il faut absolument décentraliser le pouvoir.


Des personnes parfois médisantes et souvent un peu limitées ont vu en moi un détracteur de la finance et du système financier, malgré toutes les explications que j’ai pu fournir sur le sujet. Donc je réitère, je suis contre les spéculations financières et les produits dérivés qui déconnectent la finance des valeurs réelles, mais je ne suis guère contre l’utilisation des outils financiers. En voici une preuve.

Prenons l’exemple d’une piste rurale. La plupart des pistes rurales à Madagascar ne sont guère entretenues. Du coup, le développement des zones concernées par ces pistes vont de mal en pis, personne ne se sent responsable de leur entretien, les collecteurs les exploitent jusqu’à ce qu’elles soient totalement impraticables et tout le monde en pâti à la fin. Il n’y a aucune autorité actuellement qui soit capable de prendre en main l’entretien de ces pistes quoi que disent les bonimenteurs et danseurs du ventre au pouvoir. Mais pour la défense des dirigeants actuels, ils ne sont que les légitimes héritiers d’une bande d’incapables, et comme ceci n’est pas leur procès, alors passons. Essayons alors aujourd’hui d’ouvrir les yeux et surtout l’esprit.

Supposons qu’une commune ait le droit de s’endetter auprès de l’état moyennant certaines conditions (étude de faisabilité entre autre). La dite commune décide donc d’emprunter pour aménager X kilomètres de route en pavé, Y kilomètres de route en latérite en se donnant les moyens de les entretenir périodiquement pour maintenir la qualité des pistes et des routes. Pour rembourser sa dette émise en ariary, avec un taux très favorable par rapport au marché financier et avec un délai de paiement de 20 ans. Pour rembourser ses dettes, ladite commune va avoir trois sources de revenu :
Faire payer les usagers. Ceci semble invraisemblable pour nous malagasy, mais c’est le moyen le plus simple de sensibiliser les usagers du coût d’utilisation d’une piste ou d’une route. Ceux qui ne peuvent pas payer en monnaies sonnantes et trébuchantes peuvent s’acquitter de leur dû par des heures de travail lors de l’entretien de la route. Il est évident donc que l’organisme de la commune qui est sensé entretenir les routes et pistes doivent le faire en utilisant au maximum les mains d’œuvres locales. Il faut donc trouver un système de paiement pour les habitants usagers de la route et les autres (transporteurs et autres types de véhicules)
La prestation de service. Disposant d’outils et de compétences pour créer et entretenir les routes et les pistes, la commune peut faire une prestation pour un privé ou pour un marché public. En effet, il se peut par exemple qu’une route nationale ou régionale passe dans la commune. Il est tout à fait normal que cette commune puisse participer à l’appel d’offre pour la création ou l’entretien de la route ou de la piste si cela rentre dans ces moyens et compétences. Il se peut également qu’un privé ou une communauté demande à participer à la création d’une nouvelle piste en finançant la prestation de la commune. La communauté ou le privé aura dans ce cas la charge de l’entretien ou sinon ils peuvent aussi déléguer cela à la commune moyennant le système de paiement évoqué ci-dessus pour faciliter la gestion du réseau routier.
Faire payer les propriétaires terriens. Le premier à  bénéficier du développement d’une zone est le propriétaire terrien puisque la valeur de son lopin de terre augmente en même temps que les activités de la zone.
Normalement donc si la commune gère bien son projet, il lui est facile de rembourser sa dette sur la création de route et de piste. La seule difficulté et le paiement en fonction des routes empruntées mais les technologies de communication font une merveille sur le sujet donc il ne devrait pas y avoir de soucis.

En autorisant ainsi une création de dette locale, l’état finance un développement du pays avec majoritairement une dette interne (par opposition aux dettes externes qu’on doit rembourser aux autres pays en devise). En effet les moyens sollicités sont essentiellement locaux : mains d’œuvres, matières premières locales, services. Seuls les engins et les pièces pour leurs entretiens nécessiteront un léger déficit de la balance de paiement par leurs importation. Par rapport à un marché octroyé à Colas, Sogea ou Smatp qui rapatrieront dans leur pays d’origine une grande partie de la valeur ajoutée qu’ils auront créer, ce sera déjà un grand pas en avant. Mais c’est également mieux qu’un marché octroyé à un entrepreneur local qui essayera d’avoir une marge d’entrepreneur privé, ce qui serait légitime de sa part, mais inadéquat au besoin d’un service public comme la route.

Il s’agit donc d’un déficit public, créatrice de richesse et financé essentiellement par des dettes internes. Que les savants de la finance et les autres grosses pontes des institutions internationales m’expliquent maintenant où est l’erreur dans mon raisonnement et s’il n’y en a pas, pourquoi depuis tout ce temps on ne met pas en place des solutions aussi simples pour avancer, à moins que l’objectif ne soit pas de faire avancer ce pays?

Cet article, publié dans Développement, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Pourquoi il faut absolument décentraliser le pouvoir.

  1. Razafimanantsoa dit :

    Tout est question de mentalité et sensibilisation.
    si le projet est bien expliqué les gens payent même a contre coeur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s