La forêt, socle de développement


bambouIl y a six mois de cela sur ce blog, j’avais écris qu’il fallait un nouveau modèle de développement car le modèle capitalistique du libéralisme brut ne peut que multiplier les écarts entre les riches et les pauvres et ne présage rien de bon dans un pays aussi pauvre que Madagascar. Ainsi  pour répondre à ceux qui « gentiment » m’accusent de n’être qu’un rêveur irréaliste, et pour être logique avec moi-même, voici une proposition plus que concrète, qui comme d’habitude chez moi est gratuite et accessible à tous : faire de la forêt un socle de développement.

Pour commencer, sachez que dans le dernier rapport de l’ONE « Evolution de la Couverture de forêts naturelles à Madagascar 2005- 2010 » de 2013, on peut lire que :
– Madagascar continue a se déforester au rythme de 0,4 % de sa surface forestière même si ce taux diminue par rapport aux années précédentes (0,83 % entre 1990 et 2005) ;
– Environ 36 000 hectares de forêts naturelles sont perdus chaque année à Madagascar entre 2005 et 2010  (83.000 Ha/an entre 1990 et 2005)
– Et l’évaluation de la couverture de forêt naturelle en 2010 n’est plus que de 9 220 040 ha, alors que George Ramanantsoavina, Directeur des Eaux et forêts en 1965, estimait que la couverture forestière naturelle de Madagascar en 1950 était de 17 millions d’hectares !!!

Une autre façon de voir afin que vous puissiez mieux appréhender ces chiffres : nous avons perdu la moitié de notre forêt en 60 ans et si on veut juste revenir au niveau de couverture forestière de 1950 avec les stratégies qui sont utilisées actuellement, même si on reforeste 10.000Ha/an  (alors qu’aucun programme n’est capable aujourd’hui d’en faire le dixième), on ne pourra revenir à la situation de 1950 que dans 800 ans ! C’est un peu comme si on essayer de mettre l’océan dans un « garaba » avec une petite cuillère!

L’idée est alors la suivante : inverser les réflexes des populations qui avoisinent les forêts humides de l’Est pour qu’ils reforestent afin vivre mieux au lieu de déforester pour survivre. Mais comment? Le volobe (Dendrocalamus giganteus) est un bambou qui pousse à l’Est de notre pays et il est capable de croître de 1 mètre par jour dans les conditions idéales jusqu’à sa taille adulte de 30 mètres. Et il est exploitable au bout de 4 ans. Transformer en planche, le bambou peut remplacer le bois de travail (menuiserie l’ébénisterie, etc) afin de produire des articles à plus forts valeurs ajoutées (parquets massifs, panneaux et placages, etc). Son marché mondial est en croissance continue depuis 10 ans et ça ne cesse de croître!

Imaginez maintenant qu’au lieu d’envoyer les fonctionnaires faire semblant de planter 2 eucalyptus par an, le ministère de l’environnement décide d’allouer à la population locale, formée et encadrée par des professionnels, la reforestation des bassins versants pour les ressources en eau, des terrains en amonts des terrains productifs à stabiliser, des terrains impropres à la culture vivrière ainsi que les terrains que le ministère de l’environnement souhaiterait reforester rapidement.
Si on reforeste 10.000 Ha par an, la production de jeunes plants, la plantation et l’entretien des bambouseraies créeraient environ 5.000 (cinq mille) nouveaux emplois par an! Les gens ne travailleront pas comme des esclaves mais seraient propriétaires de leurs terre. Alors vous allez me demandez de quoi ces 5.000 personnes vont vivre pendant 4 ans? Deux solutions très possibles :
– Dans la mesure où le débouché de la production est assurée dans 4 ans, on met un place un fond à taux zéro pour que les paysans puissent à la fois planter et faire des petits élevages de subsistance,
– A tous les transformateurs de bambou qui s’engagent à planter et à employer la population locale, on prête à un taux concessionnel (1 ou 2%/an remboursable au bout de 5 ans) le montant nécessaire pour qu’ils puissent mettent en oeuvre une plantation, avec un engagement de rétrocession d’au moins 50% des terrains à ses employés au bout de 15 ou 20 ans.

Les plus entreprenants peuvent créer des petites entreprises sur les sites de plantation pour transformer (découpe et traitement) le bambou en matière première pour les industriels.

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