Ordo ab chao et surement d’une stabilité vérolée


Je vois, j’entends, je lis des personnes que je porte très haut dans mon estime discutailler sur l’intérêt de destituer le Président ou de dissoudre l’Assemblée Nationale. Les représentants des américains et des français se sont même fendus « de donner des conseils avisés » sur la nécessité d’une stabilité du pouvoir. Et en bons « soldats », nos responsables des forces de l’ordre, qui sont également nos putschistes potentiels, y sont allés de leur conseil également sur la nécessité de respecter la constitution.

Mais sont-ce vraiment les bonnes questions qu’on doit se poser et les bonnes postures à adopter? Ne devrions nous pas plutôt nous demander :
– Pourquoi les changements demandés depuis 1972 concernant le renouvellement de la classe politique, l’implication des techniciens et des intellectuels dans la politique, … n’ont donné aucun résultat palpable?
– Pourquoi les députés sont-ils si facilement corruptibles et surtout, pourquoi les gouvernants successifs ont tous été amenés à corrompre les députés?
– Est-ce que cela a un sens de stabiliser un pouvoir qui va à l’encontre des promesses de changements annoncés et voulus par le peuple et qui continue à verser dans les mêmes écarts que ses prédécesseurs?
– Bref, pourquoi notre système politique, malgré tout ce qu’on a essayé, est toujours aussi fragile et surtout, toujours aussi inefficient pour assouvir les besoins de son maître : le peuple.

On peut accuser les députés de tous les maux  et de tous les mots, mais en tout cas si ils sont corruptibles c’est que des « lobbyistes » sont donc en train de les corrompre, un système bien connu de tous les républicains occidentaux spécialistes du genre, qui se permettent de donner des leçons chez les autres.
En suite, quoi qu’on dise, leur action pour déchéance du Président de la République reste dans le cadre légal prévu par la constitution jusque là, contrairement aux assises du Ffkm, qui osent réclamer la dissolution de toutes les institutions de la république alors qu’elles ne relèvent strictement d’aucune légitimité.

« Ny savorivorian-kilantoana » selon un proverbe malagasy. En gros cela peut se traduire par « Ordo ab chao« (l’ordre naît du chaos), une maxime qui renfermerait le secret des alchimistes de l’Europe médiévale en quête de la perfection intérieure. Cette formule est aussi la devise et l’emblème de la Franc maçonnerie, dont l’origine remonterait à l’Egypte ancienne pour certains auteurs. Le point commun entre les Ntaolo malagasy, les alchimistes médiévaux, les francs maçons et les égyptiens, est qu’ils ont tous réfléchi longuement sur le sens de la vie sur terre, à des périodes différentes et respectivement là où ils étaient. On pourrait donc croire qu’une telle convergence de vue ne peut avoir qu’un sens : la sagesse humaine. Le désordre doit alors être considéré comme un phénomène de correction des écarts dans les erreurs qui se sont installées dans les pratiques  habituelles. L’exercice consiste alors à savoir comment sortir de ce chaos, l’ordre nécessaire pour la bonne marche de la société?

Il y a une réponse plutôt simple à cette question : améliorer l’existant, en reconnaissant toutes les erreurs et en prenant des actions correctives et préventives, maintenant!
Ceci veut dire qu’on ne vire personne et avant de changer quoi que ce soit, il faut reconnaître ce qui ne marche pas. Il s’agit tout simplement donc de faire un audit fonctionnel de notre système républicain et non de faire semblant d’écouter les desiderata de quelques uns.

Comment?

L’assemblée nationale à pour mission de contrôler l’exécutif et de concevoir les lois. Alors qu’on les aide à le faire correctement! Que les observateurs de la société civile (Liberty 32, Sefafi, Kmf Cnoe, Voary Gasy ….) et les organisations structurées comme les chambres consulaires et les syndicats prennent les sujets qui les concernent, qu’ils choisissent avec les députés les experts qu’ils veulent et que tout ce petit monde travaille pendant un an (ou le temps nécessaire) pour mettre les choses en ordre de marche. Pendant ce temps, l’AN ne s’occupe de rien d’autre et personne ne les emmerde sauf pour ceux qui comment des écarts pénaux.
L’exécutif sera exclu de ces travaux mais il devra fournir les moyens nécessaires.

De son côté, l’exécutif gouvernera par ordonnance sans demandé l’avis de personne comme de grandes pesronnes. Par contre, cet exercice sera soumis a un contrôle a posteriori par le système qui sera mis en place par l’Assemblée Nationale et consorts. A la moindre écart, tout les fautifs seront mis aux fers et au cachot.

Une dernière remarque : le concept de la HCC qui dépend du PRM est une connerie sans nom à mon avis. Il faudrait instaurer des juges suprêmes nommés à vie pour qu’ils puissent juger le plus indépendamment et le plus objectivement possible. 4 nommés par le Président de la République, 5 par l’opposition déclarée au sein de l’Assemblée Nationale. Et en cas de démission ou de décès, c’est le PRM en exercice qui nomme.

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2 commentaires pour Ordo ab chao et surement d’une stabilité vérolée

  1. eltrigo dit :

    Bravo, analyse pertinente, proposition iconoclaste, donc intéressante et probablement à même de débuter le chemin du redressement. Donc, malheureusement, proposition qui sera rejetée par tous les tenants actuels (et futurs) du pouvoir politique !

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