Et si on recréait notre démocratie et notre république ?


La démocratie est un concept souvent mal compris, même par ceux qui prétendent s’en référer. Par conséquent, chacun interprétera comme il veut mes précédents posts sur la démocratie (Démocratie,  Démocratie, pouvoir fort et développement,  Le piège de la démocratie et de la corruption), mais sachez que je me considère comme étant profondément démocrate car je pense que cela a du sens de considérer l’avis de tout le monde, surtout quand la personne est concernée par le sujet. Etre démocrate ici, entend se reconnaître dans les valeurs fondamentales de la démocratie et non faire partie des « ânes américains » (*). Par contre, je suis et resterai toujours très critique quant à l’utilisation du système républicain du Le Pouvoir par le Peuple et pour le Peuplesuffrage universel  comme mode de sanction. Si ce modèle est valable quand les concernés peuvent appréhender les dimensions du sujet discuté, l’altération de son usage le rend totalement inepte quand les votants ne comprennent plus rien des différents paramètres en jeu. En effet, quand la capacité des puissances financières à user et abuser des moyens communicationnels devient le paramètre décisif, les intérêts des votants ne sont plus qu’une variable négligeable. Le blogueur Etienne Chouard pense alors qu’il faut revenir au modèle athénien et procéder par tirage au sort pour à peu près tous les postes de responsabilités politiques. Même si je suis d’accord avec lui sur la critique de l’usage du suffrage universel, les dérives de la démocratie représentative et la nécessité de changer le mode de contrôle de l’exécutif, je ne peux pas le suivre sur le concept du tirage au sort. Par contre, son questionnement sur le fait de rendre le pouvoir au peuple me concerne au plus haut point. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je me permets de vous proposer une autre piste pour améliorer en profondeur notre démocratie actuelle, sans pour autant tout chambouler. ouverture d'esprit
La première proposition consiste à changer le système de vote pour que tout le monde puisse réellement s’exprimer.  On remplace les bureaux de vote et toutes les lourdeurs qui vont avec, par le vote par SMS! C’est une technologie mature et éprouvée et les e-banking en sont la preuve. Chaque citoyen peut ainsi avoir un compte électronique sécurisé pour voter. Même pas besoin de smartphone, puisque ce sont des serveurs SMS accessible même avec un « foza » et ça réduirait drastiquement  les tricheries. Il suffirait d’avoir une autorité indépendante avec les garanties nécessaires qui gérerait les serveurs. La consultation des citoyens ainsi pourrait se faire à tout moment sans que cela ne  coûte un bras à la Nation à chaque fois. Plus de CENI, plus de bureau de vote ni de délégués ni d’observateurs et les résultats seront disponibles immédiatement. Il reste à couvrir le pays par des réseaux GSM et en électricité même si le taux de couverture en GSM actuellement est déjà conséquent. Quant à l’électricité, les EnR sont nos amis. Autrement dit, le référendum direct est à portée de main.
En suite, on rajoute un mode de proposition de loi. Permettre l’initiative populaire. Quand une proposition de loi est proposé par plus de 50.000 citoyens (ce qui représente largement plus que le nombre de voix qu’a obtenu le député le mieux élu, qui peut proposer une loi), la loi peut être soumise à référendum direct puisque le système de vote le permettra à tout moment. Un nombre de voix minimum sera requis pour la  modification de la constitution et des lois organiques mais au moins, la société ne sera plus l’otage de l’exécutif et des représentants.
A côté de cela, on adopte un système pour faciliter la conception d’une loi. Il s’agit d’emprunter la philosophie de Richard Stallman et la technologie utilisée par Jimmy Wales, qui a fait le succès de Wikipédia : laisser tout le monde participer en ligne. Des experts formeront un groupe de correcteurs au cas où les discussions et les apports des citoyens seraient erronés. Le concept doit être affiné et vous avez compris que la participation à la conception et à la correction de la loi n’est pas fermée aux seuls malagasy. Pourquoi un tel choix? C’est purement arbitraire, mais je ne vois aucune raison pour ne pas accepter les propositions de construction d’un non malagasy. Par contre, parmi les correcteurs, il nous revient de mettre des nationaux afin que la culture malagasy  se traduise dans nos propositions de lois, et ce n’est pas un ghanéen, ni un yéménite qui pourrait le faire. Discutable bien sur! En tout cas, il me parait plus juste de réviser de cette façon la constitution et a fortiori, n’importe quelle loi, plutôt qu’en se soumettant aux discrétions de l’exécutif et des représentants.
Avec ces trois améliorations, nous avons le cœur (le droit de vote réel et effectif de tous les citoyens et le droit de s’exprimer) et la tête pensante de la démocratie par le peuple pour le peuple. Il ne reste plus qu’à lui donner les armes pour appliquer son pouvoir. Il faut pour cela  améliorer le système de contrôle de l’exécutif. Donner plus de moyens au système de contrôle de l’état, pour qu’il puisse faire correctement son travail. En suite, l’enlever de l’autorité de l’exécutif et du président afin de devenir un outil efficient pour la cour des comptes. Il va sans dire que la cour des comptes, qui doit piloter tout cela, doit être totalement indépendant de la présidence et de l’exécutif. La totalité des rapports des inspections effectuées devra alors être publiée dans leur intégralité afin que tous les citoyens puissent savoir l’usage que fait l’exécutif de l’argent publique. Les citoyens pourront alors voter en étant mieux informés. Toutes ses améliorations seront bien sur éprouvée par le système de conception en ligne évoqué plus haut. Mais avec ces quatre propositions, le changement se fait dans la continuité, sans révolution ni saut vers l’inconnu, même si des changements de paradigme sont en perspective. Le peuple apprendra ainsi à reprendre sa place de réel détenteur du pouvoir, et les élus comprendront qu’ils ne sont que des commis révocables. Je suis conscient que pour certains, changer une habitude séculaire surtout héritée des vazaha, peut paraître hasardeux, mais le vieux système républicain a atteint ses limites, non seulement chez nous, mais partout ailleurs dans le monde, et il est temps qu’il évolue. Et surtout, il est temps que nous nous prenons en main.

(*) L’âne étant la mascotte du parti républicain américain
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