Blanc et nègre, non événement ou scandale?


Cette semaine, coup sur coup, un français et un américain font la une des faits divers pour avoir tabassé un malagasy ou avoir provoqué la population par des propos racistes. On a alors observé trois réactions face à la situation : la plupart des gasy réclamait une sanction forte pour que les blancs comprennent qu’ils ne sont plus en terrain conquis ou dans une quelconque colonie, les étrangers et certains nationaux voulaient minimiser la situation en n’y voyant qu’un fait divers, et d’autres ont traité les gasy de racistes envers les blancs en suréagissant sur le sujet. Je fais parti des premiers, et je m’explique ici pourquoi dans la mesure où mes positions sur les réseaux sociaux ne semblent pas avoir été suffisamment clairs pour certains.

Selon comment on remonte dans le temps, je pourrai me prévaloir d’être de sang royal, descendant d’esclave, progéniture d’une sous race de colonisé, ou descendant d’une race de primate. Donc l’usage des mots des mots nègre, esclave, blanc, maître et autres qualificatifs similaires n’est qu’un exercice de verbiage conjoncturel, pour indiquer la différence entre l’homme de couleur et celui qui est moins coloré. Une posture volontairement entretenue pour maintenir le questionnement, tant les relations entre les personnes vivant ensemble dans une même société et ayant des cultures et des éducations différentes, sont complexes.

Pour le cas du français qui se met à insulter tout le monde à Analakely, on ne sait pas quelle est la cause de sa fureur, a-t-il été agressé, a-t-il provoqué une éventuelle agression, je n’en sais rien. Mais par contre il est tracé sur la vidéo youtube, qu’il insulte et provoque allègrement tout le monde et se permet un coup de boule contre une personne qui ne s’y attendait visiblement pas. Dans ma définition, un tel comportement est irréfléchi et celui qui le commet est un con, ne serait-ce que temporairement pour ce qu’il a fait. Et il mérite d’être remis à sa place pour au moins trois raisons.

La première est pour faire comprendre aux énergumènes de ce genre, (et ils sont plusieurs aujourd’hui à Antananarivo) que ce genre de comportement irrespectueux et insultant, est inadmissible. J’entends souvent des petits jeunes blanc becs qui débarquent, par mimétisme envers les négriers qui les ont précédés ou par simple bêtise, traiter les gasy de fainéants, stupides, lâches, fourbes, et qu’ils ont besoin de « vazaha » pour les mettre au pas, pour mieux travailler … Quand j’ai le temps, je me permets de leur expliquer que ce n’est pas parce qu’ils ne comprennent pas comment les gens réagissent, qu’ils doivent les insulter et les considérer comme des moins que rien. Et dans une situation d’incompréhension, l’effort de réduction des distances revient à celui qui arrive en dernier. Mais quand l’incapacité à comprendre devient agressive, alors l’usage de la force est aussi nécessaire. Le petit vazaha d’Analakely, s’en sort bien grâce à une intervention très intelligente des forces de l’ordre. Par contre j’estime que la réponse proportionnée qu’il mérite est toujours en attente.

La deuxième raison est socio-politique. La situation politico-économique actuelle crée des tensions sociales entre autre, à cause de la capacité des quelques uns à (continuer à) s’enrichir alors que le gros de la population s’appauvri à grande vitesse. Et dans de pareil cas, la société humaine où qu’elle soit ne s’encombre pas de faire la part des choses, et elle ira tout le temps chercher un bouc émissaire. Ailleurs ce sont les arabes, les noirs, les juifs, les gringos …ici ce sont les « mpiavy » : les comoriens,  les karanas, les merina ou le côtiers (selon l’endroit) et aujourd’hui les blancs. Les tensions sociales sont réelles avec les comportements irresponsables et maladroits des apprentis sorciers qui sont au pouvoir et les comportements imbéciles cités ci-dessus, de certains petits « vazaha ». L’incident d’Analakely peut alors être l’étincelle qui peut provoquer l’embrasement. il serait alors dommage que des innocents viennent à payer les pots cassés à cause des irresponsabilités de quelques uns. C’est un avis qui n’engage que moi bien sur, mais dans pareil cas, je pense que le principe de précaution est de rigueur et le membre gangrainé doit être traité avec rigueur avant qu’il n’infecte tout le reste du corps.

La troisième raison concerne l’application de la loi. Si des insultes avérées et des agressions physiques caractérisées ne font fait pas l’objet de sanctions adéquates, cela signifierait que les autorités malagasy actuelles ne sont plus capables d’assurer la moindre équité sécuritaire même dans la Capitale. On se poserait alors la question de savoir si une telle posture serait due au fait que les agresseurs sont des étrangers envers qui on doit subordination et serment d’allégeance à vie, ou serait-ce de l’incompétence assumée de la part de nos dirigeants?

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