Backcasting


En 1949, lors de son discours sur l’état de l’Union,  le 33ème président des Etats Unis, Harry S Truman, prônait une politique d’aide aux paysharry-s-truman-color «sous-développés», grâce à l’apport de la connaissance technique des pays industrialisés. C’est la première fois qu’on parlait de transfert de compétence vers les anciennes colonies et les « attardés ». Rappelons que  l’Amérique d’alors était encore largement un pays ségrégationniste même au niveau fédéral, et qu’un an plus tôt, Truman a du user de ses prérogatives présidentielles , pour faire abolir contre l’avis de tous ses conseillers, la ségrégation au sein de l’armée américaine.

23 ans plus tard, en 1972, à la demande du Club de Rome, une équipe du MIT sort le rapport Meadows, The limits to growth, une première démonstration pour montrer que le modèle économique dominant d’alors n’était pas soutenable à terme puisqu’il y avait une contradiction flagrante entre « un mode de consommation matérielle illimité et effréné au sein d’un monde où les ressources sont en nombre limité. » Le concept de durabilité était alors devenu un sujet mondial, même si toute la planète continuait à faire comme si le modèle de la croissance était le seul modèle viable pour la civilisation humaine.

42 ans après le rapport Meadows, le monde est toujours incapable de changer son mode de vie. En effet, à l’instar des Etats-Unis qui n’ont toujours pas ratifié les accords de Rio unced1-300x19924 ans après, l’inertie des pays les plus développés empêche le changement de paradigme aussi fatal soit l’échec du modèle actuel. Pourquoi en effet abandonner un modèle qui « marche encore » pour un monde inconnu prôné par des oiseaux de mauvais augure? Et pourtant il faut changer notre façon de vivre si pour peu qu’on ait de la considération pour nos voisins et nos enfants. Nos ressources s’épuisent, le monde se déséquilibre et la civilisation humaine continue inlassablement de creuser sa propre tombe.

Alors pour une fois, la solution peut provenir de nous autres, les déshérités du consumérisme à outrance, les galériens de l’industrialisation, les parias de la croissance, car les puissants de la planète sont devenus sourds et aveugles.
Parce qu’un changement réfléchi ne peut pas être pire que l’enfer que nous vivons, et pour une fois que la conscience mondiale veut bien voir en nous autres choses que des mendiants prédateurs de primates et scieurs de bois précieux, alors dessinons ensemble notre monde de demain pour que chacun puisse disposer équitablement de la place qu’il mérite, et prenons le leadership du changement pour démontrer que ce nouveau dessein est dans l’intérêt de la planète entière. Ainsi un futur meilleur sera certain, il ne nous restera plus qu’à déterminer au fur et à mesure le meilleur chemin pour y parvenir.

Concevoir un monde meilleur pour tracer le chemin pour y arriver, c’est ça le backcasting.

 

 

 

 

 

 

Galerie | Cet article, publié dans Colloque sur la fragilité 2014, Développement, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s