Des élections à Madagascar


attalah

800 observateurs internationaux le 20.12.2013, pour observer 85 BV et conclure que dans 90% des BV tout était « nickel chrome »

Les élections présidentielles et législatives sont finies.  Quoi qu’on dise, malgré tous ses défauts flagrants, elles ont été probablement les élections qui ont été les plus justes depuis l’existence de l’état malagasy. Mais il faut le dire très vite, tellement les améliorations qu’on aurait pu apporter étaient évidentes et réalisables. Ceci démontre également à quel niveau d’iniquité était les élections précédentes.
Mon post aujourd’hui est juste une proposition d’amélioration de la part du citoyen que je suis, attentif et intéressé par l’amélioration du système démocratique malagasy.

Si on parle d’élection le premier paramètre concerne l’identification a priori de ceux qui ont le droit de voter. Je ne parlerai pas du fait que des chinois et des karana qui sont dans notre société depuis des décennies (voire plusieurs décennies), doivent avoir le droit de voter et disposer de la nationalité malagasy, car c’est un autres sujet, mais de ceux qui sont en age de voter et qui devraient être automatiquement sur la liste électorale. Il y a 10 ans de cela, une commune rurale dans l’Avaradrano a décidé d’informatiser le registre des états civils des citoyens au sein de la commune. Chaque chef de fokontany mettait à jour (et le fait toujours d’ailleurs) tous les mois, la situation des habitants dans le fokontany : déménagements, arrivées, naissances… Une telle informatisation , non seulement a amélioré grandement le service rendu aux citoyens concernant les états civils, mais garantit une mise à jour en continue de l’identification de la population de la commune et automatiquement donc, la liste électorale. Les améliorations seraient alors additives et continues et on n’aurait plus besoin de recensement qui coûte un bras à chaque fois, et qui plus est, peut être complètement raté, comme celui de la CENIT pour ces élections par exemple. C’est une petite modification qui doit être effectuée au niveau des communes et qui est de la compétence du ministère de l’intérieur. Le ministère devra alors juste compiler toutes les informations de toutes les communes pour établir la liste nationale, et sécuriser les erreurs. Cela relève de la gestion la plus élémentaire d’une base de données. Un telle démarche améliore les pratiques administratives du pays et par conséquent, est nécessaire et ne devrait en aucun cas revenir à une CENI quelconque, dont la probité pourra toujours être remise en compte !!

Vient en suite la question de l’identifiant de l’électeur. Le fait d’imposer qu’un électeur doive voter dans un bureau de vote précis est une contrainte surannée imposée par des situations multiséculaires, qui remontent à la nuit des temps et des esprits. Pour pouvoir voter, un citoyen doit pouvoir s’identifier et ne voter qu’une fois. La contrainte de localisation n’a plus de sens, pourvu que la personne se trouve sur territoire national. Pour cela il suffit de renvoyer la carte d’identité nationale actuelle aux oubliettes et la remplacer par une carte citoyenne à double identification biométrique (la rétine et les empreintes digitales par exemple). Chacune des 17.544 fokontany de Madagascar disposera alors en permanence d’un terminal avec les lecteurs biométriques précités et de l’accès à l’application d’encodage de sécurisation à clé longue, pour effectuer toutes les transactions relatives à l’état civil de ses habitants. Une seule carte remplace alors durablement la carte d’identité, la carte d’électeur, le carnet de fokontany ainsi que le livret de famille. Elle peut en plus servir de permis de conduire, de carte de paiement des transactions administratives et en poussant un peu, elle pourrait remplacer les documents administratifs pour les artisans et les sociétés unipersonnelles. Les arguments concernant la non disponibilité de l’électricité ne seront pas recevables dans la mesure où, une fokontany même au fin fond de la brousse, pourrait disposer d’une installation solaire conséquente pour alimenter son système informatique. Et la disponibilité du réseau internet pourrait faire l’objet d’un programme prioritaire au sein du PICOM. Une démarche qui serait beaucoup plus inclusive et intelligente que le projet PACEM (Projet d’appui au cycle électoral à Madagascar) appuyé par le PNUD, dont l’efficacité est plus que discutable selon la fondation Carter. (voir le rapport ici)

En suite, il y a le processus de vote en lui même. Pour effectuer les votes, les 17.544 terminaux administratifs devront attaquer un serveur national. La durée du processus de vote (hormis le temps de réflexion de l’électeur, qu’on incitera à réfléchir avant d’entrer dans l’isoloir) ne devra pas ainsi dépasser 10 secondes !!! Avec un tel système, il faudra donc moins de 6 heures pour faire voter 34 millions d’électeurs. Autrement dit, il n’est plus besoin d’avoir 20.001 BV d’autant plus que les électeurs pourront voter dans le BV de leur choix. Plus besoin de scrutateur, de décompte de voix et tout le bazar. Le résultat dans tout Madagascar sera connu immédiatement par tout le monde, à la seconde où le dernier bureau de vote sera fermé. La sécurisation du système fera l’objet d’une expertise avérée et d’une surveillance permanente pendant toute la durée du vote afin que plus aucune possibilité de manipulation des votes, que ce soit au niveau des terminaux  ou au niveau du serveur national, ne soit possible sans une identification immédiate. La probabilité de falsification des voix pendant le processus de vote serait alors plus que faible pour ne pas dire impossible avec le système de surveillance permanente.

Il ne s’agit pas de science fiction mais de technologie disponible immédiatement, même si les pays occidentaux ne le mettent pas en œuvre.

Le tout est de savoir si nous sommes prêt à franchir le pas pour nous prendre en main pour financer nos propres besoins où allons nous encore et toujours, avoir notre mentalité d’esclave soumis, qui passera son temps à mendier auprès de la communauté internationale si elle daigne bien nous aider.

Galerie | Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Des élections à Madagascar

  1. andry dit :

    je crois bien que tu n’es pas un observateur averti. Ton observation doit sans doute se limiter à du virtuel. Le jour du vote, mon nom avait déjà été pré signé au crayon par quelqu’un d’autres à ma place. Quelle surprise était la mienne lorsqu’on a du gommer la signature pré signé à mon nom pour faire valoir ce qui me vient de droit. Mon interlocuteur a gommé comme si de rien n’était.

    • andrianjorar dit :

      Ce post n’est pas un rapport sur les élections, mais une proposition pour ne pas tomber dans les mêmes affres la prochaine fois.
      Ceci étant, j’ai suivi les élections sur l’ensemble du territoire national pour le premier tour, et sur 50 districts lors du deuxième tour, pour dire TRÈS VITE (à cause de toutes les anomalies et « écarts » constatés) que ce sont les meilleures depuis plus de 20 ans, que je suis la politique nationale. Il faudrait un autre post pour expliquer pourquoi les autres auparavant étaient plus désastreux.
      Mais des observations qui n’ont aucune intention d’être ni scientifique ni expertes non plus. Maintenant est-ce averti, virtuel… tu es autorisé à dire tout ce que tu veux😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s