Tous des cons et des pétasses?


Face à la situation politique malagasy actuelle, on peut soit s’en fuir pour éviter la nausée et traiter tout le monde de pourri et de vendu sur facebook derrière un pseudo abscons, soit on accepte que tout changement nécessite des périodes troubles et qu’il faut agir justement pour éviter la reproduction des dérives qui nous a fait tant de mal. Le plus difficile dans ce cas est alors de tenir le cap de ses principes surtout quand « la force du mal » propose des solutions de facilité.

Pour nos 33 candidats et ceux qui ont choisi de ne pas baisser les bras et de ne pas se contenter d’insulter ceux qui prennent la peine d’essayer de faire quelque chose, voici un petit argumentaire pour vous soutenir en attendant.

Les crises successives ont développé une meilleure prise de conscience de nos concitoyens .  On dit souvent que les malagasy sont des sentimentaux même dans leur vision de la chose politique. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a une part de vérité dans cette croyance populaire. La preuve? Jusqu’à maintenant, nous avons toujours des familles, qui sont capables de s’entre-déchirer parce qu’untel de ses membres est pour Ravalomanana et tel autre est pour Rajoelina. Mais depuis la crise de 2002, et encore plus avec cette crise de 2009, on entend de plus en plus la remarque suivante dans la rue : les politiciens nous poussent à s’entre-tuer et à les soutenir, mais peu importe celui qui arrivera au pouvoir, de toute manière il volera et ils trouveront toujours des moyens pour s’entendre entre eux, à notre détriment. Et les faits tendent à confirmer cette analyse jusqu’à présent. Du coup, tout le monde se questionne pour savoir ce qu’on doit alors faire pour remédier à cette situation. Communication électronique et médias sociaux aidant, on n’est plus condamné à attendre les intellectuels ou les messies pour nous délivrer la solution idoine car chacun peut y aller de sa propre proposition et les meilleures idées se font de plus en plus entendre. Sommes-nous devenus une nation d’homme sage pour autant? Peut-être pas, mais en tous cas, abuser des ses prérogatives  devient moins facile pour les dirigeants. En effet, même si le système de management politique malagasy est encore défaillant, les garde-fous commencent à faire leur apparition et la société civile se laisse de moins en moins faire, même si cela semble encore balbutiant pour le moment. Je continue à penser que, plus des acteurs ayant une conscience de la chose publique s’impliquera dans la vie politique et plus notre société se développera, donc il faut agir, participer et s’impliquer en évitant les tentations « du mauvais côté de la force ». Il faut démontrer aux malagasy en fait que la politique ne rime pas toujours forcément avec pourriture et corruption.

La fierté des malagasy a été mise à mal. Pour je ne sais quelle raison, nous malagasy, avions considéré depuis toujours que nous étions « supérieurs » aux africains, plus intelligents, plus beaux, plus cultivés … Et pourtant malgré la gestion catastrophique par la SADC du dossier Madagascar, non seulement nous n’avons pas pu trouver une solution entre malagasy, mais en plus, nous avons été incapables de se défaire de leurs bafouilles et trifouilles insensées. Et insulte suprême s’il en est, malgré les incantations publiques du PHAT sur la souveraineté nationale,  la communauté internationale, avec le Quai d’Orsay à la baguette, nous ordonne comme lors des dressages des petits chiens, ce qu’on doit faire. Bref, pendant 4 ans, on a perdu toute forme de dignité et de fierté. En quoi ceci est positif me diriez-vous? Un proverbe malagasy dit « ny ilavon-kierenana » ( on tombe pour mieux se relever). Maintenant qu’on sait qu’on a été en dessous de tout pendant cette transition, qu’on nous a traité comme aussi irresponsable que le plus handicapé des séniles, parce que nos représentants et nos acteurs socio-politiques ont été défaillants sur toute la ligne. Alors de deux choses l’une, soit nous sommes une nation de tarés et d’incompétents et on se morfond sur cette situation, soit on agit et on soutient ceux (qu’on pense) qui sont capables de faire évoluer les choses. En tout cas, une chose est sure, ne faire que râler ne changera strictement rien.

La faute des CC et non de la CI. Ravalomanana en 2002 et Rajoelina en 2009, étaient sensés combattre l’iniquité et les injustices de leur prédécesseur et ce ne sont pas les promesses et les engagements publics, devant Dieu et et toute la Nation qui ont manqué. Mais au bout du compte, rien n’a changé et on nous a fait prendre des vessies pour des lanternes. Pourquoi? J’appelle cela le complexe du CC ou chrétien crétin, qui se contente des incantations pour un monde meilleur, tout en acceptant de vivre dans le monde le plus pourri qui soit, mais il est heureux parce que cela correspond bien à ce qu’on lui a promis : l’horreur, la souffrance et la restriction sur terre contre un paradis utopique au delà. D’ailleurs madame Ravalomanana, d’une inspiration très limitée sur le sujet, ne fait que reprendre le credo et promet de transformer tous les malagasy en chrétien si elle venait à se faire élire, devinez pourquoi?
Chacun est libre de croire ce qu’il veut et je suis à 90% d’accord avec les valeurs de la chrétienté, mais la religion est le pire ennemi de la gestion de la chose publique car elle fonde son système sur l’incommensurabilité du pouvoir suprême, or justement c’est la source de tous nos maux. Tant qu’on considérera que nos dirigeants sont nos ray amandreny, des Dada et des Neny incontestables, on restera toujours les esclaves des opportunistes, qu’ils soient malagasy ou étrangers et ce « droit d’inventaire » envers nos dirigeants, doit se faire ouvertement par les acteurs qui les entourent. En tout cas une chose est sure, rejeter la faute sur une quelconque ingérence de la communauté internationale n’est qu’un prétexte fallacieux pour cacher notre « vay an-kandrina » (furoncle sur le front).

Agir aujourd’hui c’est prendre le risque de se faire traiter de tous les noms par les détracteurs et tous ceux qui ne vont pas apprécier les actes de changement parce qu’ils seront perturbés soit dans leurs intérêts soit dans leurs habitudes. La seule et unique posture pour soutenir durablement un changement est alors de pouvoir les justifier ouvertement et publiquement. Malheureusement, nos politiciens ont toujours tendance à préférer la pénombre, le silence et la rétention d’information (pour ne pas dire la désinformation) face aux critiques. Une posture qui ne peut que favoriser la suspicion et le doute. Il est temps de démontrer que tous les détenteurs de pouvoir ne sont pas forcement tous des cons et des pétasses dans ce pays.

Galerie | Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Tous des cons et des pétasses?

  1. Cécile BOURGAIN dit :

    Félicitations pour cette article criant de vérité… Si seulement le message réussissait à passer auprès de la majorités des malagasys…😉 Bonne continuation à vous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s