Révons d’un monde meilleur : créons notre réseau d’intélligence


ville campagne

Transformons nos chefs-lieux de région en pôles de croissance socio-économique

Les programmes dans une campagne présidentielle sont très peu lus en général, et font rarement la différence dans les votes chez nous. Du coup les candidats dépensent plus pour l’achat de T-shirt et la prestation des artistes sur les podiums, que dans la préparation ou la présentation de ce qu’ils vont faire une fois au pouvoir. La communication est saturée par les phrases et images « chocs », et on est à fond dans l’affect, voire dans l’instinctif primaire. Mais quand on regarde un peu ce qui se passe ailleurs dans le monde, c’est le propre de beaucoup de politiciens de prendre les autres citoyens pour des débiles mentaux. Je me demande alors s’il ne s’agit pas d’un maladie mentale relative au pouvoir.

Qu’on ne s’étonne donc pas si les programmes disponibles proposés par nos 41 candidats aujourd’hui sont d’une pauvreté anémique; le résumé du sieur Patrick Rajaonary, lui même candidat, suffit largement pour les définir tous : bonne gouvernance et développement rapide et durable pour tous. C’est sur qu’on peut difficilement être contre car cela ne veut rien dire, ça n’engage personne en rien et surtout, ça ne fait absolument pas rêver. La pire posture vient d’un candidat que je ne citerai pas; il estime que la Banque Mondiale à déjà réfléchi pour nous sur le sujet. Plus qu’un aveu de faiblesse, cela relève du comportement d’un être psychologiquement et mentalement inférieur acceptant d’être réduit à la soumission éternelle. Que la paix soit en lui.

Alors pour me faire plaisir, je me suis coltiné un programme pour Madagascar, pour faire ce que j’aime le plus au monde : partager et rêver d’un monde meilleur. Le premier truc consiste à rendre la société malagasy plus intelligente économiquement.

Créer un réseau national  d’intelligence
Pour qu’un pays puisse se développer, il doit entre autre, pouvoir mettre à la disposition de ses citoyens les ingrédients de base de l’économie de marché (1). Le réseau d’intelligence commencera par faciliter la disponibilité de l’énergie pour produire, améliorer la circulation des hommes, marchandises et services (objets et acteurs des marchés), et rendre facilement accessibles les informations qui permettent les arbitrages des acteurs économiques. Pour cela, on développera :
– Un réseau ferroviaire électrique pour transporter les marchandises entre les lieux de production et les lieux de consommation ou de transformation et surtout pour faciliter le déplacement des hommes et des femmes.
– Le réseau électrique, qui devra relier les producteurs d’électricité au réseau interconnecté des consommateurs;
– Ce même réseau électrique sera pourvu de fibre optique pour transporter les informations.

Ce projet a quatre objectifs :
1. Réduire drastiquement la consommation et l’importation d’hydrocarbure et améliorer par la même occasion notre balance de paiement.
2. Fluidifier et donc réduire le coût d’accès aux marchandises et à l’information pour que la simple rétention (que ce soit de l’information ou des biens) ne puisse pas influer sur les marchés.
3. Inciter la production d’électricité par l’hydraulique, l’éolien et le solaire en priorisant la consommation des productions « intermittentes » afin de multiplier les producteurs d’énergie et réduire par la même occasion le prix de l’énergie électrique malagasy.
4. Inciter les régions à augmenter la quantité et la qualité de leurs productions de biens et services pour augmenter la production nationale. Ceci contribuera à la fois, à dynamiser le marché intérieur pour nous préserver des chocs internationaux, mais également à améliorer la balance commerciale nationale.

Notons que l’intelligence ne se développera pas grâce au réseau en lui même donc, mais à un meilleur arbitrage que ce dernier permettra à chaque citoyen, dont l’inspiration et la créativité sont le moteur principal de l’intelligence de notre société.

Pour le prochain post, on évoquera comment on peut contribuer à faire sauter la barrière des connaissances et de l’information. En attenant, soyez bon envers votre prochain mais surtout envers vous-même : appréciez la qualité et l’excellence.

(1) En considérant comme acquis que tous les marchés sont libres, non biaisés et accessibles par tout le monde.

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5 commentaires pour Révons d’un monde meilleur : créons notre réseau d’intélligence

  1. neil dit :

    Bonjour,

    Serais-tu entrain de faire l’eloge du liberalisme?

    En intervertissant les termes « agents rationnels » par « arbitrage/ intelligence economique » ou encore « marche de concurrence pure et parfaite » par « tous les marchés sont libres, non biaisés et accessibles par tout le monde. » soit tu joues sur la semantique ou bien tu as fini par adopter les preceptes de l’economie de marche pour un tant soi peu on veut developper un pays par la creation de richesses et partant d’ameliorer la balance commerciale!

    Ce qui, j’avoue, me surprend agreablement!!!

    Pour ce qu’il en est des projets proprements dits, le MAP sur le papier a ete une reussite avant la lettre. C’est dans son processus de realisation que les emmerdes ont vu le jour. Comme dans tous les projets d’ailleurs.

    A mon sens, tous les projets se valent, a condition que leurs porteurs soient bien entendu capables de les defendre becs et ongles aupres des parties prenantes (les investisseurs, les administres, les techniciens, les fonctionnaires de l’administration,…).
    Ce qui me gene personnellement dans tous les projets quels qu’ils soient (en ce qui concerne le pays), ce ne sont pas les grandes lignes. Nous sommes passes maitres dans la conception des grandes lignes.
    Maintenant, a l inverse des americains, nous avons du mal a concretiser physiquement nos geniales grandes lignes.

    Alors j’aimerais de temps en temps demander a quiconque portera un projet, aussi grandiose soit il, de rentrer tout de suite apres les grandes lignes dans l’explication de la phase de concretisation.
    Par exemple, ne plus se contenter de dire « Inciter a » mais aller plus loin, continuer par quelque de concret comme « Inciter la……par la mise en place de……et de……….. Cette mise en place sera financee par X et assuree par. Y. …X et Y ont dans leurs escarcelles …….et …….comme realisations probantes. X et Y sont tenus par l’obligation de resultats. »

    S’il y en a qui serait capable de presenter ainsi son projet des les premiers jours, je voterai sans etat d’ame pour lui.

    Parce les grandes lignes, ma foi, ca commence a etre un peu barbant pour etre dans l’euphemisme

  2. andrianjorar dit :

    Neil,
    Je ne peux que rester dans les grandes lignes puisque je suis dans le domaine du rêve. Par contre, s’il faut se réveiller et passer en phase de réalisation, je suis prêt à travailler sur le sujet, mais là ça devient du boulot : chercher les maîtres d’œuvre du projet pour affiner la conception et les choix techniques, stratégiques, financiers, politiques, éprouver l’avant-projet, valider le projet détaillé …

    Quant au libéralisme, qu’on ne se méprenne pas. Je n’ai jamais réfuté l’utilité du marché, ni la nécessité de la liberté d’entreprendre. Ce qui me gène dans le paradigme économique que l’occident nous impose actuellement, c’est le fait que l’unité de compte (l’argent) soit devenue la valeur principale et la finalité de la plupart des acteurs.

  3. neil dit :

    Que l’occident nous impose ou que l’on applique grossierement sans vision claire de nos propres objectifs et de nos contraintes propres?
    Depuis l’independance nous avons fait un copier coller maladroit du systeme socio-politico-administratif francais.
    Nous avons un soi disant regime parlementaire a l’instar de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, d’Israel…..Pour ces pays cites, qui pourrait identifier dans la seconde le nom des presidents respectifs? Pas beaucoup sinon tres peu. Par contre demandez le nom des Premiers Ministres. Les reponses seront probablement plus nettes. Chez nous comme en France, le president dispose d’un pouvoir politique voire economique certain vis a vis du PM tout en etant regi par un regime parlementaire. Bref un regime batard.
    Autre exemple. Dans les milieux scolaires et universitaires les rythmes sont cales, non pas en fonction des saisons climatiques, plutot a ceux des systemes francais ce qui nous amene a profiter des « grandes vacances d’ete »……en plein hiver.
    D’ailleurs, on parle d’occident mais pour nous il est clair que la notion d’occident se limite dans le temps et dans l’espace par les realites hexagonales. La situation qui perdure depuis 2002 n’en est qu’une illustration, pas nouvelle, mais continue.
    Alors n’allons pas non plus jusqu’a denaturer le liberalisme en accusant l’argent de tous les maux. L’argent n’a jamais ete qu’une resultante partielle du vrai capitalisme de marche.

    • andrianjorar dit :

      Tu comprends très bien ce que je veux dire : le pouvoir de l’argent aujourd’hui est tel, que les autorités politiques ferment les yeux sur les écarts des financiers aussi fous soient-ils pour faire encore plus d’argent. La cupidité devient alors un exercice qui s’auto-alimente indépendamment des valeurs réelles comme la production de biens ou de services. Mais bien sur tu vas me soutenir que le capitalisme libéral n’est pas que dérive. Oui mais l’usage qu’on en a fait aujourd’hui, au lieu d’entretenir une croissance mondiale, a créé plus de dettes que de valeurs d’où les crises financières de plus en plus violentes. Donc le système a failli. Par analogie je dirai, tout ce que Ravalomanana ou Ratsiraka ou Rajoelina, (pour moi, ils sont interchangeables) a fait n’est pas à jeter à la poubelle, mais en tant que dirigeant, premier responsable de la gestion de la nation, ils ont chacun à leur manière failli.

  4. neil dit :

    La gestion de la nation c’est aussi assurer l’avenir des generations futures. Demandez aux enfants de Singapore d’aujourd’hui s’ils regrettent le style juge autocrate du pere fondateur de leur nation. Meme les plus idealistes d’entre eux savent faire la part des choses.
    Faire la distinction entre le capitalisme financier (terme que tu as tellement du mal a citer) et le capitalisme industriel reste souhaitable si on ambitionne de reconnaitre le bon grain de l’ivraie. Tout musulman n’est pas forcement arabe et inversement. Des arabes israelites, oui il en existe.
    Rendre l’argent suspect aux yeux du grand public a mon sens est contre productif et loin d’etre pedagogique. Il existe par contre un systeme qu’on appelle la redistribution, loin d’etre parfait, qui une fois bien affine, bien maitrise et bien compris du plus grand nombre permet de corriger mais surtout de prevenir toute tentation de derive de quelque nature qu’elle puisse etre.
    La redistribution repose essentiellement sur la fiscalite, la taxation et les allocations.
    Qui va dire aujourd’hui qu’Evo Morales a tort de ne pas vouloir recuperer la manne promise par la deuxieme reserve de gaz naturel d’Amerique Latine?
    La vraie question va etre de savoir si les mecanismes de redistribution qu’il a mis en place sera assez efficace pour que chaque bolivien en beneficie

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