Avis sur les politiciens


Lala Rasendrahasina, un ecclésiastique politicien, gardien de la moralité et de la spiritualité

Ceux qui connaissent ce blog savent que j’ai une certaine aversion envers mes compatriotes politiciens, (surtout ceux qui ont déjà gouverné) dans la mesure où ils ont réussi l’exploit de plonger de façon continue notre pays dans une des plus grandes pauvretés qui soit au monde. Si encore ils étaient totalement imbéciles, on pourrait encore les pardonner, mais ceux qui clament les idées les plus lumineuses quand ils sont dans l’opposition, deviennent totalement autistes une fois au pouvoir, et adoptent exactement la posture qu’ils ont tant décrier auparavant. A croire que le pouvoir peut rendre n’importe quel malagasy bipolaire.

Et puis, une fois de temps en temps on compatit et on essaye de comprendre pourquoi ils sont ainsi, pourquoi celui qui est au pouvoir est plus un prédateur qu’un dirigeant, et surtout, pourquoi en 50 ans, on n’a constaté qu’une régression quasi constante, que ce soit en terme de moralité ou d’efficience de la part de nos politiciens. Alors au fil des discussions avec les uns et les autres, on essaye de comprendre en partageant les avis et j’ai essayé de compiler ceux qui me paraissent avoir un sens et je vous les donne aujourd’hui pour qu’on puisse en discuter, critiquer et les améliorer.

DES PARTIS

Les partis doivent être financés pour se structurer. J’ai pendant très longtemps été contre cette idée dans la mesure où l’argent public ne doit pas être dilapidé pour des élucubrations de prédateurs en mal de pouvoir. Mais aujourd’hui, j’ai changé d’avis pour au moins trois raisons.

Le chef immuable du Mfm, adepte du financement des partis

1. Ceci peut être un outil pour éliminer les nano-partis, qui n’existent que pour grappiller des miettes à tous les râteliers et décupler les réflexes et les actes de prédation. Ainsi il serait peut-être plus sain qu’en deçà d’un certain nombre d’élus, on ne les finance pas. Une portion de ce financement ne doit pas être de l’argent sonnante et trébuchante mais de l’aide pour structurer le parti, qui serait essentiellement des moyens pour produire de la réflexions afin d’aider chaque organisation à analyser et critiquer la gestion de la chose publique.
2. En suite, les moyens de propagande lors des élections doivent être identiques et limités. Beaucoup trouver cette idée égalitariste mais limiter le libéralisme et la puissance financière a un sens dans une campagne électorale. Il est en effet injuste que le nombre de 4×4 ou d’hélicoptères déployés par un candidat puisse supplanter le débat d’idée et les compétences. Hors, étant donné le niveau informationnel dont bénéficie certains de nos compatriotes, ce genre de gesticulation  pourrait biaiser leur vision.
3. C’est une occasion également de contrôler les sources privées de financement. La rationalisation et la législation des financements des partis politiques pourrait être un moyen d’assainir les meurs financiers chez nous en accordant par exemple des faveurs à ceux qui y contribuent directement mais à condition qu’ils acceptent un contrôle strict de leurs comptes pour une durée déterminée. Un parti pourra ainsi lever des financements privés pour son fonctionnement jusqu’à une certaine limite et en fonction de critères objectifs et vérifiables. Et pour chaque type d’élection, une pécule publique sera attribuée pour chaque candidat présenté par un parti, qu’il pourra compléter par des financements privés jusqu’à une certaine limite également. Il est évident qu’un candidat peut se présenter en tant qu’indépendant en se passant des financements publics mais il devra toujours respecter les limites des moyens mis en oeuvre ainsi que les procédures de contrôle de ses sources.

Les partis doivent jouer un rôle de filtre.  L’objectif est de faire en sorte qu’une partie de la concurrence pour un poste (électif ou pas) se fasse au sein des partis pour ne pas polluer inutilement les débats publics. Exit les considérations d’origine, de provenance, de genre, de pratique sexuelle ou je ne sais quelle autre élucubration sur la place publique! En effet, si certains considèrent que ce genre de représentativité doit être considéré, que cela se fasse désormais au sein des partis avec la contrainte de compétence en plus.
Et comme nous l’avons déjà dit, pour justifier les financements dont il bénéficie, on demandera également à chaque parti de produire obligatoirement des rapports et des analyses sur la chose publique, ainsi que des comptes rendus sur les activités et les réalisations de ses élus, par rapport aux promesses faites par exemple.  Ces analyses de la chose publique seront des éléments traçables pour chaque citoyen pour mieux comprendre les positions du parti concernant chaque situation.
Mais l’obligation de produire des rapports est également un moyen indirect de contraindre les partis à recourir à des ressources compétentes s’ils veulent se positionner comme étant des forces de proposition et d’alternance par rapport à ceux qui sont au pouvoir.

DES POLITICIENS EN POSTE

Que la loi soit appliquée. Aujourd’hui un état 221 bis (acquittement des taxes auprès des services fiscaux) et un casier judiciaire n°3 vierge suffisent pour devenir candidat à une élection. Il faudrait déjà élargir ces conditions aux responsables désignés comme les membres du gouvernement et les membres des cabinets ministériels. Mais aujourd’hui nous avons des ministres, des élus, ou des soit disant représentants du peuple qui sont, non pas des repris de justice, mais encore condamnés et qui devraient être en prison si nous étions un vrai état de droit avec une justice indépendante!!!

Garante et responsable de l’indépendance de la justice actuelle

Que les politiciens apprennent à capitaliser les connaissances. Il n’y a pas de processus à Madagascar qui capitalise les compétences ou les connaissances acquises dans la fonction publique. Pire, chaque fonctionnaire qui reçoit un rapport qui lui semble intéressant s’évertue à le cacher pour essayer de le monnayer. Il est temps que l’ensemble des connaissances sur Madagascar (rapports, études,…) soit rendu à son peuple, les malagasy et que les génies qui nous gouvernent, agissent dans ce sens.

il faudrait également que chaque politicien en poste fasse l’objet d’un contrôle sérieux des sources et de l’état de sa fortune (et de celle de son entourage) pour une durée conséquente. Ce serait un moyen supplémentaire pour limiter les velléités de prédation et surtout arrêter l’indécence de nos politiciens mais également pour limiter l’afflue de mafioso au pouvoir.

Ceci ne concerne plus les politiciens mais les médias doivent aussi assumer leur fonction de forum public. Aujourd’hui, les médias publics, avec la Tvm en tête, reproduisent encore et toujours les méthodes séculaires soviets en s’abaissant à rester des agences de publi-reportage pour le pouvoir. La couverture médiatique des réalisations du pouvoir exécutif doit être limitée et remplacée par des débats sur la chose publique ou des enquêtes sur ce qu’on essaye de nous cacher ou ce qu’on ignore. Même Ratsiraka sur la fin de son dernier mandat ne faisait plus cela. Aujourd’hui on fait bond de 20 ans… en arrière !!!

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