Apprendre à s’opposer … ou à construire


Ndimby a récemment publié  un article intitulé apprendre à s’opposer, et dans sa verve habituelle, tout le petit monde politique (ou presque) se fait insulter plus ou moins poliment, bref du Ndimby comme on l’aime quoi! Mais passons sur la forme et venons-en au fond ou plutôt à sa conclusion, sur la construction d’un monde plus stable. En gros, selon Ndimby, il faut rendre les politiciens plus intelligents afin que la concurrence se face sur l’opposition des idées et non des personnes. A mon humble avis, ceci est un vœu pieux irréalisable dans le paradigme socio-politique actuel.

En effet, les politiciens sont des prédateurs opportunistes, qui sont prêts à tuer et à vendre filles et mères pour le pouvoir. Et comme les hyènes qui n’ont pas l’intelligence de l’équilibre, il ne sont là que pour tuer le dirigeant qui s’affaiblit, pour devenir le prédateur dominant. C’est le cycle qu’on vit depuis 72  : une course à la prédation qui mène vers une récession sans fin jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de proie.

Je n’ai jamais apprécié Ravalomanana pour de multiples raisons qui ne valent pas la peine d’être évoquer ici, mais il faut lui reconnaître une chose : il a donné un champ d’expression et une plateforme d’exercice pour les compétences d’ici et d’ailleurs, que les dirigeants précédents n’ont jamais eu l’intelligence de faire. Ce sont ces compétences là qui ont fait ce qu’on a vu et reconnu comme étant le succès de R8 et non son supposé génie. C’est le modèle de prédateur intelligent que Ndimby propose. Sauf que sans contrainte, une hyène ne peut pas se transformer en zèbre, aussi intelligente soit-elle. Et c’est la raison pour laquelle, après une certaine usure due au à l’exercice du pouvoir, le naturel a repris le dessus sur la crise d’intelligence de R8, et c’est ce qui l’a ramené au même niveau qu’un Ratsiraka ou un Rajoelina : la limite analytique qui produit la dérive autoritaire d’un prédateur contesté.

Mais les hyènes sont nécessaires même si ce sont des êtres qui ont une fonction première ignoble. En effet, leur velléité naturelle de prédation crée une situation d’instabilité permanente, qui oblige les dirigeants a se battre pour garder leur place. C’est le moteur du premier modèle démocratique à l’occidental : une concurrence des prédateurs avec un système de protection des plus faibles. Bref, un système légal avec une autorité qui ne soit pas sous la menace des plus voraces pour que la concurrence soit au bénéfice de la société et non le contraire. C’est la première construction nécessaire pour un monde plus stable. Mais elle n’est pas suffisante.

Car, tapis dans l’ombre des politiciens,  il y a des prédateurs aussi voraces mais encore plus dangereux car plus intelligents et plus subtiles : les prédateurs financiers et économiques. Le cas d’Enron, de Bernie Madoff et des subprimes aux USA, les concussions entre Lagarde et Tapie, les « amitiés naturelles » entre le petit Nico de France et les patrons du CAC 40 ne sont que la partie visible de l’iceberg. Et contre ceux-là aucune réglementation contraignante n’est efficace car ils sont toujours capables de les contournés quand ils ne sont pas eux mêmes les juges.

Pour amoindrir la puissance de ces T-Rex du troisième millénaire il faut un système de contrôle indépendant. Donc, en plus du système judiciaire, il faut aussi une cours des comptes (mais avec plus de moyens et de compétences), et qui ne soit pas non plus aux ordres du président bien que financer par l’Etat.

Et enfin une institution d’observatoire intelligente. Les représentants « élus démocratiquement » sont ce qu’ils sont : des mini-prédateurs régionaux. Ils ne sont là que pour remplir la horde du prédateur dominant ou de ses adversaires, mais surement pas pour représenter le peuple. En d’autres termes, ils ne servent qu’à perpétuer et asseoir un système défaillant, bref il ne servent à rien! Par contre, il serait plus sage de mieux payer des compétences qui mesurent ce qui est fait, ce qui doit être fait et ce qui pourrait être fait de façon rationnelle et intelligente. Par exemple, que l’INSTAT soit appuyés par des chercheurs pour analyser ses résultats et que ses objectifs soient fixés par les organisations professionnelles à des fins utiles et utilisables.

Izay no vokatry ny rongoniko androany ka dia samia tsara daholo indray aloha.

Zo RAR

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