Et si on parlait plus des devoirs de l’Homme


J’ai récemment écrit un post sur la fonction que pouvait avoir un Ben Laden dans un monde où les puissants de ce monde veulent imposer une vision unique de l’humanité. En suite, un autre post sur la façon dont les occidentaux ont voulu détourner la démocratie pour en faire un outil de post colonisation. A peine ce dernier post publié, que j’entends à la Tvm un reportage (emprunté à Arte ou TV5, je ne saurai dire) qui fait état du « détournement » des pays islamiques et « dictatoriaux » (le reportage fait allègrement l’amalgame entre les deux genres), en utilisant la tribune de la Commission des droits de l’Homme à l’ONU pour « imposer leurs visions qui vont à l’encontre de la déclaration universelle des droits de l’Homme ».

Quelques remarques, mais cette fois ci sans ironie ni cynisme, pour éviter que des lectures au premier degré ne fassent une mauvaise traduction de ce que j’ai à dire.

D’abord, on constate aujourd’hui, que la fameuse déclaration du palais de Chaillot du 18 décembre 1948 n’était pas si universelle que cela. Attention, je ne fais ici aucun jugement de valeur sur la qualité de cette déclaration, je dis simplement qu’elle n’est pas universelle car il y a tout un pan de l’humanité qui n’en veut pas. Est-ce le texte qui est mauvais ou sont-ce les promoteurs qui ne sont pas à la hauteur?

En suite, l’ONU, qui est une organisation dominée de la tête aux pieds par les USA et l’Europe, a mis en place la commission des droits de l’homme. Et parce que les occidentaux n’arrivent plus à imposer leur vision unilatérale des choses, les représentants des USA n’y siègent plus et y pratiquent la politique de la chaise vide. Jolie leçon de démocratie! Ou bien la démocratie s’arrête quand ma volonté est contestée?

Maintenant questions :

  • Comment voulez vous qu’un pays qui ment au monde entier (déclaration de Collin Powell au tribune de l’ONU le 5 février 2003) sur l’existence d’arme de destruction massive en Irak, qui enfreint au su et au vu de tous, les règles qu’il impose aux autres (Guantanamo, pratique de la torture…) sur les droits de l’homme, puisse faire référence en la matière ou puisse se faire respecter?
  • Comment un pays qui prétend réguler le monde de la finance peut-il accepter qu’Enron (la plus grande arnaque boursière au monde) puisse devenir une des premières capitalisations boursières de NY? Et comment un truand comme Bernie Madoff  peut-il berner tout un système soit-disant infaillible? Autrement dit, comment le pays où les plus grandes arnaques et vols au monde se produisent, peut se permettre de donner des leçons de moralité et de démocratie au reste du monde?

Tout ceci pour dire qu’avant de donner des leçons au monde entier, certain ferait mieux de se regarder dans un glace d’abord. Attention, je ne dis pas que toutes les valeurs défendues par les américains et les occidentaux sont mauvaises, je dis simplement qu’on ne se permet pas de critiquer les enfants sur la consommation d’alcool quand on est soit même ivrogne et alcoolique invétéré.

En suite : les valeurs positives ne s’imposent pas par la force, elles se diffusent par l’acceptation de leur pertinence, mais en tout cas, surement pas en ordonnant aux autres de faire le contraire de ce qu’on fait. C’est ainsi que toute guerre religieuse est par définition une sottise hors pair, au même titre qu’une guerre pour la démocratie ou pour l’ordre moral.  Une aberration qui constitue le fondement de la construction politique des civilisations dominantes depuis la nuit des temps et avec laquelle ils ont infecté le reste du monde.

Le troisième point concerne la responsabilité des citoyens. Pour les mêmes raisons que les crises socio-politiques malgaches relèvent de la responsabilité de l’ensemble des malgaches et non des seuls politiciens, ce sont tous les citoyens occidentaux qui sont responsables de la montée du terrorisme et de l’intégrisme dans le monde car en laissant leur dirigeants oppresser et exploiter systématiquement les plus pauvres, ils n’ont laissé que ce moyen aux plus désespérés de se faire entendre ostensiblement par le reste de monde. Cette violence n’est que le juste retour de ce qu’ils subissent selon leur perception. Est-ce vrai? Est-ce juste? Peu importe, il en est ainsi. C’est comme le froid ou la chaleur, ce n’est pas la température qui importe, mais ce que chaque personne ressent.

Tout cela pour dire qu’il faut évoquer en même temps que les droits, les devoirs de chacun car notre indifférence envers les dérives de quelques imbéciles,  a conduit à des absurdités comme la Shoah et le Nine Eleven.

Et surtout, surtout, arrêter de penser qu’on est les seuls détenteurs de la vérité unique en acceptant la différence comme une richesse et non comme un vecteur de haine et de passion.

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Un commentaire pour Et si on parlait plus des devoirs de l’Homme

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